Confrérie des oliviers de Banyuls sur Mer confreriedesoliviersdebanyuls@gmail.com

La période contemporaine

  

Cette deuxième partie vous guide vers les principales étapes du travail de l ‘oléiculteur jusqu’à l’obtention de l’huile d’olive avec un volet sur les normes qualité. La topographie du terroir de Banyuls-sur-Mer ne permet pas une culture mécanisée de l’olivier . Seules quelques surfaces réduites peuvent prétendre à une semi-mécanisation pour les opérations de désherbage et de cueillette. L’importante main d’œuvre nécessaire explique le prix élevé du produit fini. La majeure partie des exploitations sont en agriculture traditionnelle c’est-à-dire raisonnée.

 

 

  Le travail du sol étant impossible, celui-ci reste enherbé. Cette action permet un accroissement de l’activité microbienne du sol, une meilleure infiltration de l’eau et surtout une réduction du ruissellement. Pour l’entretien , un essai est en cours de réalisation dans une olivette dans le cadre du projet agro-écologique afin de constater l’efficacité des animaux dans la maîtrise de l’enherbement et de l’amendement naturel grâce à leur fumure. Ce projet est porté par le Groupement pastoral Côte Vermeille, constitué de vignerons, oléiculteur, bergers. Il répond à la demande de l’Etat pour mettre en place des GIEE (Groupements d’intérêt économiques et environnementaux). La fin des essais et le compte-rendu des résultats sont prévus pour le deuxième semestre 2016.

 

 

La Taille se pratique lorsque les gelées ne sont plus à craindre. Il existe 3 sortes de tailles : la formation, la restauration ou la restructuration de l’olivier. C’est une étape importante qui permet une mise en production, réduit les risques de maladie et d’alternance et donc la production d’ olives en bonne santé. Chaque année une journée de démonstration est organisée avec l’AFIDOL. 

   

Le greffage est réalisé à Banyuls-sur-Mer à partir du mois d’avril. Il existe une deuxième période très courte début septembre. La greffe en fenêtre et la greffe en couronne sont les préférées des oléiculteurs. 

Sur cette photo vous avez une variante de la greffe en couronne, initiée par Joël IGONET. Elle présente un taux de réussite significatif sur des oliviers sauvages.

 


 

 

 

 

 

 

 

Selon les variétés et les conditions climatiques, la cueillette débute à Banyuls vers le 20 octobre pour prendre fin deux mois plus tard.

La bonne saveur de l’huile d’olive dépend de nombreux facteurs :

  • la variété
  • Le terroir
  • l’ensolleillement
  • l’époque et les conditions de récolte
  • la qualité de l’extraction
  • la qualité de la décantation.

 

 

 

 

 

 

 

L’effeuilleuse sert aussi à éliminer les olives piquées par la mouche

Les huiles d’olive vierges sont des huiles obtenues à partir du fruit de l’olivier uniquement par des procédés mécaniques ou d’autres procédés physiques, dans des conditions, thermiques notamment, qui n’entraînent pas d’altération de l’huile, et n’ayant subi aucun traitement autre que le lavage, la décantation, la centrifugation et la filtration

 

 

 

 

La structure de la pâte dans le malaxeur indique au moulinier les actions qu’il devra mettre en œuvre en fonction du type : pâte sèche, normale ou humide. La couleur de cette pâte est caractéristique de la variété Courbeil.

 

 

L’huile d’olive une des meilleures huiles pour la santé.

En effet, l’huile d’olive est la seule huile qui contienne une quantité particulièrement élevée de Bêta-Sitostérol, substance qui s’oppose à l’absorption intestinale du cholestérol . D’autre part plus le taux d’acidité et l’indice de peroxide sont bas, plus l’huile est riche en polyphénols (antioxydants). L’oxydation des olives commence après la cueillette et continue pendant le stockage des fruits et leur traitement. Une phase de la cueillette normalisée dans le cahier des charges de l’AOP.


Bactrocera oleae – La mouche de l’olivier

Ce parasite de l’olive n’est pas

récent, et certains auteurs romains l’évoquaient déjà il y a quelques 2000 ans. Cependant sa présence est devenue , depuis quelques dizaines d’années réellement problématique.

IL n’y a pas de solution miracle

Face aux attaques de la mouche il existe un certain nombre de techniques :

  • la première , planter, greffer les variétés d’oliviers adaptées à son terroir.
  • éviter la culture de certaines variétés comme la Lucques ou picholine très attractives
  • – tailler régulièrement   les oliviers  afin d’aérer l’arbre et repousser l’espace confiné pour la mouche.
  • Réduire l’arrosage .

En propageant l’inule visqueuse (dittrichia viscosa, en catalan «  l’oulibarda », on favorise la présence d’insecte auxiliaires indigènes comme ce parasite de la mouche « Eupelmus

urozonus »

« Si l’on n’y prend pas garde prévi

ent Christian Teulade exploitant dans le Nyonsais et président du syndicat de Nîmes, une mouche en juin en donne mille en septembre . Et là c’est trop tard ».

« En 2014 c’est 70% de la production qui est détruite dans les treize départements ou pousse l’olivier de Perpignan à Nice en passant par la Haute Provence et le Nyonsais. »

«  Il n’y a jamais qu’une seule cause à une telle situation reconnait Olivier Nasles  Président de l’AFIDOL » « La réglementation de plus en plus stricte pour l’utilisation de produits chimiques et l’emploi de répulsifs qui envoient la mouche chez le voisin n’ont fait qu’aggraver le problème concède Christian Teulade »  (Le Dauphiné22-01-2015)

On distingue 4 sortes de luttes contre ce prédateur:

-chimique -piégeage massif -lutte biologique -et une tentative de lutte transgénique.

 

l’été  2012 l’Association L’Olivier de Sa

int-Julien a réagi face aux dégâts de la mouche constatés en 2011. « Rien que sur Argeles nous sommes passés de 15 tonnes à 600 kg. Il a fallu trouver une solution. Utiliser un traitement , oui mais artisanal avance Michel Darder . Ce à quoi s’est employé le Cérétan Claude Claverie inventeur d’un piège : du phosphate diammonique dans une bouteille.(Indépendant )

 

Nous nous intéresserons au piégeage massif de la mouche de l’olive au phosphate diammonique , une méthode alternative de lutte contre la mouche de l’olive, respectueuse de l’environnement préconisée par l’AFIDOL.

C’est ce piégeage massif que l’Olivier Catalan a mis en place au mois de mai 2016 sur le terroir de Banyuls-sur-Mer avec la fabrication et l’installation de  plus de 3000 bouteilles en plastique. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de ce test. Mais on peut déjà constater :

-dès la mise en place le nombre de mouches capturées dans les bouteilles sur certaines parcelles est spectaculaire.

-ensuite le système a montré ses faiblesses . Durant l’été il a fallu doubler et même tripler le nombre de bouteilles pour certaines variétés.

-l’exposition des parcelles est déterminante.

– enfin le prix de chaque bouteille fabriquée et posée s’élève à 2,3€

  • article presse PACA (Aujourd’hui en France du 14 septembre 2016
  • Catastrophe en vue pour les olives

 

 

 


(Communiqué)

Création du Syndicat AOC Huile d’olive du Roussillon

Alors que le département des Pyrénées Orientales a été au début du siècle dernier le premier producteur d’huile d’olive de France, il est maintenant un des seuls à ne pas bénéficier d’une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). L’AOC, c’est la reconnaissance par la Communauté Européenne d’un savoir-faire traditionnel, sur un terroir identifié et d’une production obtenue à partir des variétés traditionnelles. Pour remédier à cette lacune, un groupe d’oléiculteurs et de transformateurs  représentatif des producteurs de notre département vient de constituer officiellement un syndicat professionnel qui porte désormais la  candidature du dossier AOC Huile d’olive du Roussillon. Ces oléiculteurs et mouliniers, pour certains exploitants à temps plein, pour d’autres pluriactifs à l’image de l’agriculture de notre département et tout particulièrement de notre oléiculture, proviennent des différents terroirs de production (Agly, Albères, Aspres, Ribéral, Conflent, …).  C’est sur la base de travaux préparatoires menés depuis 2003 (recherches variétales, analyses gustatives, approches ethnologique et historique, utilisations culinaires, …) grâce à des financements européens Leader+ ainsi que du Conseil Général et de la Région que cette candidature officielle de reconnaissance en AOC va être déposée.

Ce samedi 23 octobre 2004 à la Mairie  de Millas Christian BOURQUIN était présent pour accueillir les quatorze premiers stagiaires d’une formation qu’il avait initié « Valorisation du Patrimoine oléicole en Roussillon » . C’est dire l’importance qu’il accordait pour la réussite de ce projet. Un objectif qu’il menait depuis plusieurs années avec ténacité. Originaire de Saint -Féliu d’Amont, ll avait sans doute été marqué par les dégâts du gel de 1956 sur les oliviers du Ribéral et de Força Réal avant d’être élu Maire de Millas en 1995. Président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales  il  fait voter une subvention pour permettre au moulin de Millas d’investir dans une machine à extraire l’huile d’olive.

     Quelques années plus tard toujours persévérant, Christian BOURQUIN, écrivait dans la préface du livre OLI à propos de l’olivier « Il est le symbole vivant du caractère catalan » et d’ajouter « Depuis de longues années maintenant, je me bats pour réhabiliter et développer la culture oléicole. D’abord parce que c’est un moyen de préserver nos paysages agricoles menacés par la friche : en complément d’activité pour l’agriculture, en diversification pour le tourisme, la culture de l’olivier est un atout de développement encore trop négligé. Enfin parce que l’olivier justement parce qu’il est symbole de catalanité et de la Méditerranée est un élément fort de notre patrimoine, de notre histoire, de notre identité ».

En juin 2008, Christian BOURQUIN toujours tenace annonce un plan de relance de l’oléiculture .       Lors de cette conférence de presse  Olivier NASLES président de  L’association française interprofessionnelle de l’olive (AFIDOL) fait remarquer «  Les Pyrénées-Orientales seront  le seul département à proposer un plan aussi structuré et intelligent ».

Publication de la DÉPÊCHE DU MIDI après la Conférence de presse tenue le mercredi 9 juillet à l’Hôtel du département.

Christian BOURQUIN nous a quitté. Il aura donné à la filière oléicole Roussillonnaise son professionnalisme, avec l’obtention de la future AOC Huile d’olive du Roussillon en rappelant que l’olivier est aussi notre identité.